Préface de mon livre

par le Dr Brigitte SCHADECK-GUILLEMAUD, neurologue

 

Préfacer ce livre de Claire Garnier est pour moi un réel plaisir, car, « sur la route de Parkinson », nous voyageons de concert depuis 2005. Ce fut un départ difficile : l’annonce du diagnostic, son acceptation, sa compréhension ont été autant de phases douloureuses à franchir. Puis vint la réaction de Claire, éclairée par son savoir de psychothérapeute, réaction et travail thérapeutique. Longue recherche et cheminement personnel pour retrouver dans son histoire les fils décousus qui faisaient le noyau dur de sa maladie et en éclairaient le « pourquoi ». Puis la mobilisation de toutes ses forces vives physiques, mentales et spirituelles pour en freiner l’évolution.

 

En tant que neurologue, j’adaptais son traitement chimique au mieux. Sur le plan psychique, nos échanges se faisaient de plus en plus profonds, sur le « sens » donné à ses symptômes, sur les médecines alternatives qu’elle pratiquait dans sa lutte contre la maladie, sur la force thérapeutique de l’esprit sur le corps. Et malgré les années, Parkinson est resté sage… peu évolutif et peu gênant dans la vie quotidienne, avec des doses minimes de médicaments.

 

Pouvoir et ressources de nos émotions, lien essentiel qui existe entre la pensée et la matière, l’esprit et le corps, brèche ouverte récemment par les neurosciences, encore si contestés par la médecine officielle… Quels mécanismes physiques et psychiques déterminent l’apoptose, cette «mort cellulaire programmée»? La manière de réagir face à ces pathologies neurodégénératives influence-t-elle l’évolution de celles-ci ? Ce livre est un témoignage impressionnant sur les capacités que chaque individu possède en lui de prévention et, dans une certaine mesure, de « guérison », même s’il faut compter avec les processus irréversibles de la maladie. L’intérêt de Claire pour la symbolique psychosomatique, sa connaissance de la psychologie transgénérationnelle nous entraînent dans cette cascade des causes et des effets qui dépassent l’individu et éclairent son évolution. Penser qu’il est possible de tout contrôler par la volonté de l’esprit serait une erreur et un manque d’humilité. Mais l’évacuation de vieilles blessures émotionnelles, la guérison des mémoires inconscientes héritées des générations antérieures permettent la mobilisation de mécanismes thérapeutiques qui viennent en renfort de nos traitements conventionnels. De l’assurance intérieure surgit le désir de se prendre en charge et de participer activement à son traitement.

 

Plus encore, inciter le patient à se libérer des conditionnements de son passé lui montre la possibilité de se choisir un futur. Pour le médecin, il n’est pas de plus beau projet que d’aider le patient à croire en lui-même, à explorer ses potentialités et à exploiter sa « solution intérieure ».