Claire Garnier
Claire Garnier

Née en Algérie, mon adolescence a été marquée par le rapatriement des pieds-noirs en 1962.

 

Je suis douée pour créer du lien entre les gens : une forte implication dans la vie sociale tout au long de mon existence, est sans conteste l’un des pôles de ma vie.

 

La pratique du scoutisme dans une compagnie de Guides, puis comme adulte bénévole encadrante, puis comme salariée au sein de l’association des Guides de France, ainsi que ma participation à l’UFCS (union féminine, civique et sociale), ont forgé ma conscience féministe.

 

Aujourd’hui mère et grand-mère de 3 filles et 8 petits-enfants, je commence ma vie d’adulte en choisissant d’être «mère au foyer» tout en exerçant pendant 18 ans l’activité d’assistante maternelle : à l’époque, on disait «nourrice», et  les «mères au foyer» étaient considérées avec une certaine condescendance, face à laquelle j’ai revendiqué pour moi-même le statut de Chef d’Entreprise familiale multitâches (comptabilité, intendance et gestion de l'approvisionnement, entretien de la maison, cuisine, éducation des enfants, aide aux devoirs...).

 

Titulaire du BAFA et du BAFD (brevets d’aptitude aux fonctions d’animation – de direction), tout naturellement, je prends en main l’animation de ma résidence en proposant le « club du jeudi ». Créé pour deux ou trois dames âgées qui s'ennuyaient,  il se développe rapidement avec la venue de jeunes mères de familles. Le partage de l’amitié et des savoir-faire est au centre des rencontres. Mon sens de l’hospitalité et de l’accueil font de ma maison une sorte de « maison ouverte » où la porte n’est jamais fermée à clé, et de « table ouverte » pour les enfants du voisinage.

Puis, de 1991 jusqu’à la fin de mon activité salariée, je travaille à la Mairie d’une grande ville de la région parisienne. J’y dirigerai plusieurs maisons de quartier (dans des quartiers dits «sensibles »), j’y serai Chef du Service d’Insertion sociale (RMI, logements sociaux, hôtel social, logements d’urgence...) puis Directrice des Politiques sociales et de santé. En 1997, je participe à la création de l’épicerie sociale de la ville, dont je serai encore partie prenante jusqu’en 2016. Au sein de cette structure, je mets en place le «café-papote», espace privilégié où se crée du lien entre les personnes présentes, qu’elles soient animateurs ou bénéficiaires.

 

En parallèle, depuis très longtemps, je m’intéresse à la psychologie. Je me forme à différentes techniques de communication et de thérapie (analyse transactionnelle, PNL, etc...). Après avoir obtenu l'autorisation d'exercice, j’ouvre mon cabinet de psychothérapie en 2001.

 

En 2003 Parkinson frappe à ma porte : refusant de me laisser cataloguer comme «parkinsonienne» et de rétrécir ma perspective de vie à la chronique d’une dépendance annoncée, je m’implique avec toute la ténacité dont je suis capable pour contenir les effets de la maladie.

 

C’est en 2014 que j’ouvre aux personnes atteintes de cette maladie un groupe de parole dédié n’incluant pas les «aidants», pour offrir un espace d’échanges et de dialogue, un lieu d’écoute sans jugement où les mots se libèrent ainsi que la solidarité et l’entraide, où l’on recherche le positif et l’humour cachés dans la vie de tous les jours, afin de mettre la maladie à distance. Mon leitmotiv est :

 

« Vous êtes plus grand que la maladie. Vous n’êtes pas la maladie.

 Alors nous allons nous occuper de cette part de vous

qui est magnifique et vous garde vivant. »